MAUD
WENGER

Maud aime la marche, elle aime son job, elle aime aussi la région de Martigny, sa nature. Amatrice de randonnée, de bivouac et de montagne, elle a adopté cette région… ou est-ce l’inverse ?

La durabilité, c’est son métier. Et cet engagement se retrouve dans sa vie, au quotidien.

Cette rencontre commence avant l’interview. Lors d’un brainstorming avec les équipes de Sinergy, nous avions décidé de mettre la montagne et sa générosité en avant. On doit beaucoup à la montagne: le soleil qui permet de profiter du photovoltaïque, l’énergie des barrages, parfois du vent, l’eau au goût réputé, parce qu’elle a très peu besoin de chlore. Et bien d’autres choses encore, qui rendent ici une offre naturellement plus écologique.

Quand on a proposé de trouver une personne à photographier et à interviewer chez Sinergy, le choix s’est porté sur Maud, qui a accepté de relever le défi. Le thème de la durabilité l’a touchée, et les visuels imaginés avec l’équipe montraient une personne en randonnée. « Ça tombait bien, j’adore la marche ! » s’est-elle exclamée.

Elle n’est probablement pas quelqu’un qui cherche la lumière. Mais ses passions prennent vite le dessus, et le jeu de l’interview devient tout de suite une discussion animée.

Maud a découvert la course en montagne en faisant le tour du Chavalard. « J’adore courir, et sentir que le corps s’adapte à l’environnement qu’on traverse. Il y a une sensation de voler. » Et elle adore le bivouac, cette idée simple de vivre avec ce qu’on porte.

L’année dernière, pour ses 30 ans, elle a traversé la Suisse à pied, par la Via Alpina. « C’est impressionnant de se lancer. Mais assez vite, le corps comprend ce qu’on lui demande. » Au fil des jours, « il y a un côté routine qui rentre: on se lève, on marche. Et la fatigue, on la sent au retour. Mais le corps suit ce qu’on lui demande. » Elle raconte qu’en trois semaines, on se fait à vivre dehors… et qu’on s’y fait vite.

Et puis il y a le retour. « C’était plus le choc en rentrant », dit-elle en souriant. Retrouver un bureau, une pièce fermée: « Il fait trop chaud, je n’arrive plus à respirer, il n’y a pas d’air. »

Cette anecdote en dit long sur une philosophie qui traverse presque tout ce qu’elle raconte. « Sans être particulièrement engagée ou militante, je pense que, dans toute une décision de vie, je considère les aspects environnement et durabilité. Ça ne veut pas dire que je m’interdis tout, mais dans tout ce que je fais, c’est un aspect que je considère. »

Dans la bouche de Maud, ça sonne comme une évidence. Elle aime cette idée de sobriété, de vivre avec peu, ou plutôt d’être heureuse avec peu.

Il faut dire que son travail, c’est la durabilité. Maud est ingénieure en énergie et technique environnementale. C’est ce métier qui l’a amenée chez Sinergy. « Je viens de Forel dans le Lavaux. J’ai fait ma formation à Sion. Venir travailler à Martigny a été une très belle surprise. J’aime beaucoup la ville, j’aime beaucoup les gens. »

Mais en plus de ce métier, il y a une passion très précise : le chauffage à distance. Et justement, à Martigny, il y en a un beau. « Retrouver la gestion d’un CAD communal à Martigny, c’était vraiment ce que j’avais envie de refaire après mon expérience de Lausanne. »

Elle observe ce qui se fait ailleurs, notamment dans les grandes villes, et elle a un point de comparaison avec la capitale vaudoise. Ce qu’elle aime chez Sinergy, c’est qu’un projet ne reste pas coincé dans l’étude pendant des mois: on a la taille et la proximité pour tester. La chaîne de décision est courte, et la mentalité pousse à avancer. « La première fois que j’ai proposé un truc, on m’a dit: “OK, vas-y.” »

Et il y a aussi cet esprit malin: savoir utiliser ce qui est déjà là, sans systématiquement tout refaire à zéro. Les réseaux construits dans les années 70 étaient souvent robustes, et elle aime cette idée de profiter intelligemment de certaines forces historiques. « Ce côté “travailler avec ce qu’on a” et tirer le meilleur de ce qu’on a, c’est quelque chose qui me plaît beaucoup. » Avec « peut-être moins de débauche de moyens, et une façon plus intelligente de déployer. »

Un exemple? Les meunières. Ces canaux, à l’origine destinés aux moulins à eau au Moyen Âge. « Nous, on réutilise un réseau du 14e siècle destiné aux moulins pour en faire du froid à distance. » Et elle ajoute, avec son humour habituel: « Je ne crois pas que les anciens l’avaient pensé pour ça. » Exclusivité mondiale ? Peut-être. En tout cas, un joli symbole d’ingéniosité locale.

Maud Wenger – Ingénieure chez Sinergy

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